Le Groupe de travail a passé 15 longs mois à tout examiner, ainsi que tous les intervenants. Dans une présentation au ministre de l’Agriculture en 1991, le Groupe de travail formulait 24 recommandations qui ont été bien accueillies dans la majorité par les quatre offices avicoles. Suite au rapport du Groupe de travail, les ministres de l’Agriculture ont créé un Comité de direction sur la gestion de l’offre pour effectuer un suivi des rapports et recommandations des groupes de travail sur les politiques avicole et laitière. Ce comité devait se pencher sur les questions pratiques, administratives et légales liées aux 24 recommandations du Groupe de travail et à la fin de l’année, son travail n’était toujours pas complété.
Alors que ces questions stratégiques se poursuivaient, un autre examen des allocations a révélé que l’OCCP devait établir les allocations plus souvent. Le Comité de gestion de l’offre a donc été mandaté pour se réunir six fois par année plutôt que cinq.
En 1991, le ministre a nommé deux autres représentants auprès du Conseil de l’OCCP. Ces nouveaux membres devaient représenter les transformateurs et feraient valoir leurs propres perspectives durant les discussions du Conseil. L’une des recommandations sous étude fut l’augmentation potentielle du nombre d’administrateurs non-producteurs de deux à quatre pour améliorer l’imputabilité de l’Office et des intervenants. (Cette recommandation a été mise en œuvre en 1996 lorsque pour la première fois, quatre non-producteurs ont été nommés au Conseil de l’OCCP).
L’année 1991 terminée, les producteurs ont tourné leur attention à la question du GATT (l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce). En effet, les producteurs ont consacré beaucoup de temps et d’énergie à transmettre le message à l’effet que le secteur agricole au Canada était menacé. Des délégations à Genève, des réunions avec les dirigeants du gouvernement et une manifestation de 40 000 personnes sur la Colline parlementaire en février 1992 ne sont que quelques moyens qui ont été utilisés à l’époque.
Éventuellement, l’incertitude entourant le cycle de l’Uruguay a pris fin et les contingents à l’importation ont été transformés en tarifs. Bien que cette solution n’était pas idéale pour les agriculteurs, ils avaient toujours un avenir, chose que plusieurs croyaient impossible.
Au pays, la C.-B. a signé une entente de services en 1993 afin d’officialiser ses relations avec l’office national. Bien qu’il ne s’agissait pas d’une pleine réintégration, l’entente de services constituait un pas dans la bonne voie. L’Ontario a aussi manifesté son mécontentement avec le système et a menacé de se retirer soutenant qu’il était nécessaire de revoir le système d’allocation alors en vigueur. Comme le Québec partageait aussi l’avis de l’Ontario, celle-ci a retiré son avis de retrait et un examen du système fut amorcé.
Suite à un examen minutieux et à de longues discussions, une approche « fondée sur le marché » a été identifiée comme étant la façon la plus efficace d’accroître la sensibilité du processus d’allocation. La formule « descendante » a été mise de côté et remplacée par le système « ascendant » qui prend appui sur les besoins provinciaux.
Les nouvelles quantités seraient approuvées par le Conseil et le système entrerait en vigueur une fois l’Entente nationale sur l’allocation et les prix signée. Approuvée en août par le Conseil de l’OCCP, la cérémonie de signature s’est déroulée le 7 septembre 1995. La cérémonie voyait la participation des producteurs de la C.-B. qui avaient voté en faveur d’un retour aux rangs de l’OCCP en 1994. Dans le cadre du nouveau système « ascendant », la période d’allocation (A-01) devait commencer le 9 juillet et prendre fin le 2 septembre. Le cycle mobile de 8 semaines remplacerait dorénavant le précédent qui comprenait 4 périodes de neuf semaines et 2 périodes de huit semaines.
Comme le temps était au changement, l’OCCP a profité de l’occasion pour revoir le nom de l’organisme.
À la lumière du résultat clé du plan stratégique voulant que « l’OCCP devienne la voix nationale des producteurs de poulet », il a été décidé que l’Office serait mieux connu sous le nom de « Producteurs de poulet du Canada ». Ainsi, cette mesure éliminerait l’idée que l’Office est une agence gouvernementale et contribuerait à raffermir la réalité à l’effet qu’il s’agit d’une organisation dirigée et financée par les producteurs.
La réaction fut très positive et le nom fut adopté officiellement à des fins d’utilisation en janvier 1997. Sous cette nouvelle identité, des mesures ont été prises pour élaborer et mettre en œuvre une politique d’exportation. Cette politique a été élaborée en collaboration avec le Conseil canadien des transformateurs d’œufs et de volailles et d’autres intervenants de l’industrie.
La politique d’exportation des PPC permettait aux transformateurs d’exporter du poulet sans nuire au marché intérieur et sans enfreindre les obligations du pays en matière de commerce international. Le processus d’allocation était maintenant doté d’un élément « exportation » dont les provinces devaient tenir compte au moment de demander leurs allocations.